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Ellyn Cromwell
Élève de première année


 Age : 16 Inscrit le : 06 Juin 2008 Messages : 11 Âme soeur : Toy... ? Pouvoirs : Traverser les matières solides, invisibilité
 | Sujet: Ellyn Cromwell Sam 7 Juin - 0:52:23 | |
| Nouveau personnage de Yuki Hashiba (Yuki devant mourir sous peu, assassinée froidement... >.> , j'attendais juste d'avoir fini cette fiche pour continuer mon topic). Vualà ! P.S : Désolée... Je ne me suis pas rendue compte que c'était si long XD. J'ai pourtant essayé de raccourcir au maximum la fin T-T.
[NOM] : Cromwell
[PRÉNOM] : Ellyn, Katherine, Lucy
[ÂGE] : 16 ans
[POUVOIRS] : - Traverser les matières solides - Invisibilité
[CARACTÈRE] :
« Ellyn ? Oui, elle est gentille. Un peu discrète peut-être, mais je dirai qu’elle a un bon fond. Elle ne participe pas assez à la vie de la classe pour que je puisse vous dire avec exactitude qui elle est vraiment. C’est le genre de fille qui se fond assez bien dans le décor… Celle dont on oublie vite la présence, vous voyez ? Ce n’est pas vraiment de sa faute, c’est juste qu’on ne lui prête peut-être pas assez d’attention… Après tout, elle est la fille Cromwell, veut-elle vraiment avoir des amis tels que nous ? Nous lui sommes bien inférieurs. »
« Ellyn Cromwell ? Ah oui… Je la connais… Elle me fait un peu peur… Je crois que c’est son statut social parce qu’elle a l’air d’être assez timide. Elle n’ose pas vraiment aller vers nous, ou alors c’est qu’elle nous méprise, mais je ne pense que ce soit ça la vraie solution du problème. Je pense juste qu’elle ne sait pas bien s’y prendre avec les autres. Elle a dû vivre dans une prison dorée avant de débarquer dans cette Académie, sûrement qu’elle n’est pas très douée dans les relations sociales. »
« Cromwell ? Ce génie ? Sûrement une fille très intelligente étant donné ses notes. Première dans chaque matière et première au classement de l’Académie, pourtant, elle ne participe pas vraiment en classe. Ce doit être une de ces rares personnes à n’avoir pas besoin de travailler pour réussir, j’aurais bien aimé être comme elle. N’empêche que… Malgré le fait qu’elle soit aussi bien classée et malgré son statut social, elle a l’air assez modeste… Enfin, par là, j’entends qu’elle ne se vante pas partout de ses exploits, je crois que je l’admire pour ça. »
« Ellyn… Elle est morte à cause de moi… C’est une gentille fille, un peu naïve, mais tellement adorable. Malgré ce que je lui ai fait, elle a gardé son sourire et a continué à me parler comme si de rien n’était, seuls ses yeux n’osaient plus me regarder, mais sinon, elle est restée la même, je dirais qu’elle est forte. Elle est maladroite et donne sans compter… Enfin… Cette personnalité-là, c’est dans ses moments de lucidité. Lorsque la folie la rattrape, lorsque sa maladie prend possession de son cerveau, elle peut avoir des accès de violence, mais ce n’est pas de sa faute… Elle se renferme sur elle-même ou, au contraire, est très excentrique. Je n’ai jamais pu prévoir quel sentiment dominerait en elle. Colère, tristesse, joie… ? C’est un peu une grande loterie à chaque fois et il faut juste prier de ne pas tomber sur un mauvais tirage. À cause de moi, elle a une peur panique des hommes, même si elle ne le montre pas. Elle essaye, elle fait comme elle peut, vous savez ? Mais je vois bien qu’elle recule à chaque fois que l’un d’eux tente de s’approcher… Tout ça, c’est de ma faute. »
[PHYSIQUE] :
« Les feuilles craquèrent sous mes pas. Quelle stupide idée ! Cette forêt ne m’inspirait rien qui vaille. Les arbres touffus empêchaient les rayons du soleil de percer leur feuillage, décourageant ainsi les randonneurs. Seuls les plus enhardis ou les plus stupides osaient poser les pieds dans ces bois que la rumeur disait hantés. Pour prouver ma valeur à leurs yeux, mes camarades n’avaient pas lésiné sur la dose de terreur à recevoir avant de faire, officiellement, parti de la ‘Bande’. Une ombre passa devant mes yeux. Secouant la tête, j’accusais mon imagination de devenir trop fertile et je poursuivais ma route. J’ignorais ce que renfermait ce bois et ne tenait pas à le savoir. Je voulais juste achever cette épreuve. Une racine se présenta sur mon chemin et je m’emmêlai les pieds dedans, m’écrasant lamentablement sur le sol. Rouspétant, mais heureux d’être indemne, je m’apprêtai à me relever lorsqu’une voix retentit au-dessus de ma tête.
« Tout va bien ? »
C’était une voix que j’aurais pu qualifier de douce si la peur ne s’était pas emparée de moi à ce moment-là. Craintivement, m’attendant à voir un quelconque fantôme, je levai le nez et la silhouette d’une jeune fille s’offrit à mon regard. Dès que cette vision se fut imprimée dans ma rétine, l’information envoyée à mon cerveau le détendit et je pus retrouver l’usage de mon corps et me remettre debout.
« Tout va bien ? »
Une jeune fille aux cheveux bleus coupés assez courts me faisait face. Deux mèches, plus longues que les autres, et une frange lui mangeant une partie du front, encadrées un visage de porcelaine. On aurait dit une de ces poupées de collection que les enfants admirent dans les vitrines des magasins. Ses yeux rouges trahissaient lui donnait l'air d'être albinos, mais je ne tardais pas à comprendre que ce n'était pas le cas. Elle avait l’air inquiète, même si un sourire était accroché à son visage. Elle devait être de ce genre de personne discrète et sage que l’on ne remarque jamais. La couleur de ses cheveux (qu’elle avait probablement teints) n'enlevait pas cet effet de banalité qu'elle me faisait. Elle était… Ordinaire. L’expression de son visage en elle-même était commune. De l’inquiétude, un sourire compatissant. Elle était vêtue d’une robe blanche, assez simple, dénudant ses bras. Elle était petite, pas trop grosse ni trop maigre. Je décidai que j’appréciais son apparence, même si je doutais que ce soit le cas de tout le monde.
J’acquiesçais à sa question et, le temps d’épousseter mes vêtements pour enlever la terre qui s’y étaient accrochée, elle avait disparu. »
[PETIT PLUS] : Elle a toujours avec elle un ours en peluche qu’elle a prénommé Toy, a une peur panique des hommes, et souffre de schizophrénie (N.B : La schizophrénie n’est pas un dédoublement de la personnalité).
[ARTEFACTS] :
[FAMILIER & SES POUVOIRS] :
Dernière édition par Ellyn Cromwell le Lun 9 Juin - 22:13:52, édité 2 fois |
|  | | Ellyn Cromwell
Élève de première année


 Age : 16 Inscrit le : 06 Juin 2008 Messages : 11 Âme soeur : Toy... ? Pouvoirs : Traverser les matières solides, invisibilité
 | Sujet: Re: Ellyn Cromwell Lun 9 Juin - 22:09:31 | |
| [HISTOIRE] :
Elle entra dans la salle. Je ne l’avais jamais vue auparavant et je fronçai les sourcils, agacé. Encore un nouvel élève ? Celle-ci serait sûrement encore plus idiote que les autres. Déjà que cette bande de filles (étrangement, toutes blondes) me tapaient sérieusement sur le système, je n’osais même pas imaginer ce que serait cette nouvelle aux allures de princesse sortie tout droit du conte de fées le plus proche. À qui aurait-on droit cette fois-ci ? On avait déjà notre Blanche-Neige et ses sept nains, notre chère roturière qui jouait le rôle de Cendrillon, la belle au bois dormant si bien incarnée par cette fille défoncée 24h/24… Qui se rajoutait à ce casting déjà si prometteur ? Le professeur pria la nouvelle élève de se présenter. Celle-ci bafouilla quelques phrases parmi lesquelles je compris vaguement son nom, ses nombreux prénoms ô combien longs et ennuyeux, et son âge. Ellyn, Katherine, Lucy… Cromwell. Allons bon, la richissime fille du grand patron était arrivée et chacun multipliait déjà les courbettes devant elle. Au lieu de s’embêter à jouer les timides comme elle le faisait, qu’elle se fasse plaisir ! Pourquoi prenait-elle seulement la peine de venir dans cette école de snobinards hautains et prétentieux qu’était l’Académie Spebynton ? Elle devait vraiment s’ennuyer chez elle - la pauvre - pour désirer la compagnie de ces jeunes qui se croyaient supérieurs aux autres. Le professeur envoya bien vite la jeune fille à une place.
Je ne m’y intéressai déjà plus, lorsque la chaise du bureau vide à côté de moi racla le sol. Pas de chance, j’écopai dès lors de la lourde et contraignante mission d’expliquer à la nouvelle comment fonctionnait l’Académie, ce qu’on avait fait depuis le début de l’année et, surtout, l’inébranlable visite de ces lieux brillants de luxe qui constituaient ma prison quotidienne.
« Edward Dartford » Me présentai-je.
« Enchantée. »
Et la conversation s’arrêta là. Pas bavarde en plus. Cette fille réunissait-elle à elle seule tous les défauts qui me faisait horreur ? Allais-je devoir combler les nombreux blancs que je voyais se profiler avec effroi aux frontières de mon avenir proche. Sur qui étais t'ai-je tombé ?
***
La chaise fut tirée dans un bruit sourd qui m’était devenu commun. Voilà trois mois que cette fille était la nouvelle propriétaire de ce bureau et voilà trois mois depuis la dernière fois que je lui avais adressé la parole. Après m’avoir posé deux trois questions que le fonctionnement de la cafétéria, la possibilité d’obtenir une carte de l'établissement, et diverses choses tout aussi communes, elle avait cessé de me parler et avait préféré rester dans son coin. Une boudeuse ? Si au début j’avais tenté de la dérider un peu, j’avais très vite abandonné, peu enthousiaste à l’idée de passer mes heures libres à taper la causette avec un mur. Si elle ne voulait pas parler, grand bien lui fasse ! Ce n’était pas moi qui allait l’obliger à ouvrir la bouche pour se présenter.
Chaque jour, j’assistais au même rituel des nombreuses filles de la classe. Toutes plus stupides les unes que les autres, elles ramenaient avec elles leur maquillage de grande marque et passaient des heures à minauder devant les glaces des toilettes ou devant leurs mini miroirs. Arrangeant une bouclette ou, au contraire, lissant une mèche rebelle. Elles étaient toutes différentes extérieurement, mais, intérieurement, leur QI avoisinant 0 était à peu près le même. Évitant d’avoir affaire à elles, je restais dans mon coin, parlant avec mes propres amis et jetant de temps en temps un coup d’œil à Ellyn dont le regard semblait incapable de regarder autre chose que la fenêtre. Le professeur l’avait réprimandée de nombreuses fois et, devant l’absence de résultats, avait également abandonné, tout comme moi. Ce devait être une de ces rares personnes absolument impossibles à comprendre. En tout cas, son caractère asocial ne l’empêchait pas d’obtenir les meilleures notes dans chaque matière de tout l’établissement et, même si chacun le garder pour soi tel un trésor inestimable, tous étaient d’accords… Elle était vue comme un génie.
***
« Quel est ton nom ?»
J’haussai un sourcil en entendant une voix que je ne connaissais pas. Levant la tête, je me rendis alors compte que c’était cette fille bizarroïde assise à côté de moi qui était en train de m’adresser la parole. Écarquillant les yeux de surprise de la voir ainsi rompre son contrat avec le mutisme, je mis un moment avant de lui répondre.
« Edward Dartford. Et toi ? »
Inutile de dire que j’avais, depuis très longtemps, oublié comment elle s’appelait, retenant juste le fait qu’elle était l’héritière des entreprises Cromwell. La famille Dartford, ma famille, possède de nombreux hôtels, ayant tous un minimum de quatre étoiles. J’étais très loin d’être pauvre. Mais la famille Cromwell… C’était un autre monde, une autre cour de jeu. Elle couvrait essentiellement le domaine de la médecine, mais avait investi dans d’autres entreprises, et avait ainsi acquis un pouvoir digne du Premier ministre anglais. C’étaient eux qui, dans l’ombre, tiraient les ficelles de ce pays et cela, seuls les riches pouvaient le savoir.
« Ellyn Cromwell. » Me répondit-elle.
Je la regardai, cherchant le piège. Ça me semblait tellement étrange qu’elle décide si soudainement de me parler que je me demandai ce qu’elle me voulait. C’était de sa faute si j’avais été relégué à la deuxième place du classement, cherchait-elle à s’excuser ?
« Mon père a décidé de faire de toi mon futur fiancé. Il doit être en train d’achever de négocier les clauses du contrat de mariage… »
Un poids me tomba sur la tête et je touchai mon crâne, de peur qu’il ne soit fendu. Pardon ? Non, non, non, ça n’allait pas du tout cette histoire. Je n’étais pas d’accord. Je refusais de renoncer à ma vie, certes riche, mais qui n’en restait pas moins simple. Je n’osais pas imaginer ce qui m’arriverait si j’acceptais d’entrer dans la famille Cromwell. Probablement que le mot ‘liberté’ disparaîtrait à jamais de mon vocabulaire. Je n’ai que 14 ans. J’ai encore plein de choses à vivre ! Je ne tiens pas à me lier à quelqu’un maintenant ! Youhou ! Vous m’écoutez ? Je ne veux pas !
« Pardon ? »
Feindre la stupidité, faire celui qui n’avait rien compris. C’était mon dernier recours, mais il fallait croire qu’Ellyn n’allait pas me lâcher pour si peu. J’étais condamné, mis au pied du mur. Je n’avais pas le choix. Autour de mes deux mains, des menottes venaient de se refermer. J’étais pris au piège.
***
« Tu n’es pas obligé de m’aimer tu sais ? »
Elle avait dit cela alors que nous arrivions devant la luxueuse demeure des Cromwell. Loin d’être une simple maison, je l’aurais plutôt qualifiée de château et je me sentais bien petit devant le poids dans cette énorme bâtisse qui m’écrasait, me rappelant à quel point j’étais insignifiant. Deux domestiques vinrent nous ouvrir la porte et les tinrent alors que nous passions. J’avais l’impression d’être l’agneau se jetant dans la gueule grande ouverte du loup. Féroce et impitoyable, ce canidé ne me laisserait jamais repartir. Adieu les sombres sarcasmes. Ici, je devrais respecter les règles et le protocole de la famille Cromwell. Je n’avais pas mon mot à dire. La menace de faillite qui pesait sur mon père ne m’avait pas laissé le choix. J’avais été forcé d’accepter et l’épée de Damoclès se tenait bien droite au-dessus de moi, prête à tomber au moindre faux-pas.
« Bienvenue, Edward ! » M’accueillit une voix forte et autoritaire.
Je retins un soupir et levai la tête, regardant l’homme qui me lorgnait du haut de son escalier. Il avait sûrement fait exprès de prendre cette position : les bras grands ouverts, montrant sa supériorité. J’eus un sourire hypocrite tout en observant cet homme qui avait scellé mon destin. Grand, les cheveux grisonnants et des rides commençant à creuser son visage, il n’en gardait pas moins une présence qui me remplissait de terreur. C’était le maître, celui à qui tout le monde devait obéissance, qu’on l’aime ou non. On savait qu’il était là. C’était Gauwyn Cromwell.
***
Je m’ennuyais. Cette vie monotone dans la demeure luxuriante des Cromwell me pesait sérieusement sur le système. Aller en cours, revenir, travailler, réviser le protocole… J’en avais marre. Je voulais de l’action, que ça bouge ! Était-ce vivre, ça ?! Dans ce cas, je préférais mourir plutôt que de continuer à me prélasser sur ce canapé, sombrant peu à peu dans une lente agonie. Qui disaient que les riches étaient heureux ? Que ces personnes se dénoncent sur le champ pour que j’échange ma place avec eux. J’aurais tout donné pour revenir à mon ancienne vie.
« Edward ! »
Ce cri qui m’était, à présent, si familier. Je commençais à l’apprécier, cette jeune fille qui m’avait enlevé pour faire de moi son fiancé. Ou plutôt, c’était sa famille qui m’avait enlevé, elle n’y était pour rien et je voyais bien à ses efforts qu’elle faisait pour rendre ma vie la plus agréable possible.
« Qu’y a-t-il, Ellyn ? Tu as encore fait une bêtise qui t’a valu une belle punition ? Ne compte pas sur moi pour te sauver cette fois. »
Elle s’arrêta et me toisa avec cette moue boudeuse si adorable.
« Au lieu de débiter tes âneries suis-moi, j’ai quelque chose à te montrer qui va sûrement t’intéresser. Ou du moins, ce sera plus palpitant que de regarder les nuages passer. »
Je levai les bras en signe de rédhibition et je la suivis à travers les multiples couloirs, fixant son dos. Je n’avais jamais remarqué jusque-là, mais des cicatrices zébraient sa peau pâle, certaines étant encore rouges, signe qu’elles venaient juste d’être appliquées. Je ne me posais pas trop de questions sur ces blessures (et je n'aurai jamais d'explication), les ignorants et continuant de la suivre j’oubliai bien vite ces étranges marques.
Nous avions finalement atterri dans un jardin qu’elle me présenta comme étant sa base secrète et dans lequel on prit l’habitude d’aller pour se sortir un peu de l’univers étouffant des Cromwell.
***
Un an s’était écoulé depuis mon arrivée. Doucement, je commençais à m’y faire et je sentais avec crainte mon affection grandir pour Ellyn.
« Monsieur Dartford ? Monsieur Cromwell désire vous voir. »
Je me levai aussitôt. J’étais devenu un bon toutou qui remue la queue et se précipite sur son maître dès que celui-ci tape du pied. Je n’étais rien de plus qu’un simple pantin, une poupée de paille, une marionnette… Et Gauwyn Cromwell tirait les ficelles. Mes pas résonnèrent dans les couloirs vides, s’accélérant au fur et à mesure que j’approchais du bureau de mon maître. Je toquai à la porte et entrai.
« Vous désiriez me voir ? »
« Oui. Assieds-toi. »
J’obéis, me demandant ce qui pouvait se passer pour que Gauwyn Cromwell lui-même affiche une mine aussi grave.
« Je sais l’amour que tu portes pour ma fille… » Commença-t-il. Il s’interrompit un moment avant de reprendre. « … Mais je te demande d’y renoncer. Non ! Ne proteste pas. Ne pose pas de questions et va-t’en. Tu es juste son fiancé, en aucun cas tu ne dois devenir son amant. C’est toi qui en souffrirais le plus. »
***
La discussion avec Gauwyn Cromwell n’avait servi à rien d’autre qu’à attiser ma flamme. J’aimais Ellyn et je ne comptais pas y renoncer parce que mon maître tirait les ficelles dans le sens opposé auquel je voulais aller. J’étais peut-être un pantin, mais je gardais mes sentiments et toute ma raison. Je n’avais qu’à attendre mon heure, qui se produit bien plus tôt que je ne le pensais.
Gauwyn Cromwell mourut subitement, sans explications, mais ni Ellyn, ni moi, ne furent réellement touchés par cette perte. Elle versa quelques larmes pour la bienséance et n’y pensa plus, moi, de mon côté, j’oubliais bien vite ce vieux bonhomme pour me concentrer sur mon propre avenir. Bientôt, je reprendrais les rênes de la plus grande compagnie mondiale, je devais être prêt.
Dernière édition par Ellyn Cromwell le Lun 9 Juin - 22:21:10, édité 2 fois |
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Élève de première année


 Age : 16 Inscrit le : 06 Juin 2008 Messages : 11 Âme soeur : Toy... ? Pouvoirs : Traverser les matières solides, invisibilité
 | Sujet: Re: Ellyn Cromwell Lun 9 Juin - 22:09:51 | |
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« Je t’aime. »
Combien d’efforts et de répétitions m’avaient-ils fallu pour prononcer ces mots ? Combien de doutes, combien de questions ? Combien de fois avais-je renoncé alors que j’étais si prêt de me lancer ? Je ne comptais plus ces fois-là, seule celle-là comptait vraiment. Seules les lèvres d’Ellyn sur les miennes en réponse à ma phrase comptaient. Il n’y avait qu’elle et moi. Je sentis des larmes et je rompis notre baiser pour la regarder. Elle pleurait. Son doux visage était inondé de ces gouttes d’eau salées que je détestais tant. Pourquoi ?
« Ce n’est pas possible. »
Pourquoi ? … Pourquoi ? … Si prêt du but alors pourquoi avais-je échoué ? Elle m’aimait aussi, j’en étais certain… Alors pourquoi ? Je la regardais sans comprendre.
« Je suis désolée. » Ajouta-t-elle en baissant les yeux.
Un simple ‘désolée’ ne suffisait pas. Ne pouvait-elle donc pas expliciter ses propos ? J’eus un rire mauvais et elle prit peur. Je sentais chaque parcelle de son corps trembler. Je posai mes deux mains sur ses épaules et entrepris de la déshabiller. La rage et le chagrin m’aveuglaient. J’étais incapable de contrôler mes actes ni de faire marche arrière, j’avais dépassé le point de non-retour.
***
« Il est joli mon ours en peluche, non ?? C’est Toy ! Dis bonjour à Edward, Toy. »
Elle ne me regardait plus, sombrant peu à peu dans une douloureuse folie. Je compris bien vite que sa vie serait désormais faite de moments de lucidité et de moments de démence. J’avais tout gâché. Le traumatisme que lui avait causé son viol avait été le déclencheur de la schizophrénie qui sommeillait en elle depuis des années et que sa mère avait espéré ne jamais voir se réveiller. Ce devait être à cause de ça que son père et elle-même m'avait mis en garde, mais c'était seulement maintenant que je pouvais avoir des regrets et me morfondre dans des 'Si j'avais su...'. Personne ne savait ce que j’avais fait. Personne hormis elle et moi. J’étais la cause de tout ça et je savais que me donner la mort ne changerait rien.
« Edward ! Dis bonjour à Toy ! » Me gronda-t-elle.
J’eus un pauvre sourire, regardant le résultat de mon égoïsme.
« Bonjour, Toy. » Répondis-je, cédant à ses caprices.
Névrose… Joli mot que certains croisent dans le dictionnaire sans s’y arrêter. Moi, dès que j’ouvrais un dictionnaire, c’était le premier qui me sautait dessus. Il bondissait hors des pages, jaillissant tel un fauve déchaîné pour me rappeler la violence dont j’avais été capable et la destruction de cette vie dont j’étais la cause. Je ne pouvais que rester avec elle désormais. Rester avec elle, jusqu’à sa mort.
***
J’aimais me promener dans ce jardin qui rassemble tant de souvenirs. Le temps où on était heureux. À peine 16 ans et je possédais déjà une vie ‘avant’ et une vie ‘après’. Un rire s’échappa de ma bouche à cette pensée. Allons donc, voilà que je me mettais à raisonner comme un vieillard. Deviendrais-je, sans le vouloir, l’égal de Gauwyn Cromwell ? Drôle de pensée qui déclencha chez moi un nouvel accès d’hilarité.
« Monsieur ! C’est terrible ! Mademoiselle, elle…Elle… »
La domestique accourut jusqu’à moi et je me retournai pour lui faire face, ne comprenant pas le sens de ses paroles. Je pressentais que quelque chose était arrivée, quelque chose de terrible et ma gorge se noua.
« Mademoiselle, elle… »
« Du calme, exprimes-toi clairement. »
« Elle s’est suicidée ! »
L’épée de Damoclès venait de tomber, la rupture du contrat. Gauwyn Cromwell avait-il cherché à se venger en acculant sa fille au suicide pour rompre, même après sa mort, le pacte qu’il avait signé avec mon père ? Avec la mort d’Ellyn, je n’étais plus attaché à cette famille et ils pouvaient détruire ma famille à moi quand ils le voulaient. Je secouai la tête, mais à quoi pensais-je ?! Tout était de ma faute… ! Je suivis la domestique, me précipitant comme un fou vers les hurlements qui retentissaient dans la chambre de la jeune fille. J’ouvris la porte, haletant et regardai autour de moi, fouillant la pièce des yeux, cherchant un indice pour me prouver que la suivante avait eu tort.
Agenouillée près du lit, le visage baigné de larmes, la mère d’Ellyn regardait une forme allongée et je distinguai des draps tachés de sang. Lentement, je m’approchai et vis le corps sans vie, les poignets ouverts. Je ne pus retenir le cri qui s’échappa de ma bouche à cette vue et je secouai la jeune fille qui, désormais, ne pouvait plus m'entendre.
« Réveilles-toi ! Réveilles-toi ! Oh ! Je t’en prie ! Réveilles-toi ! »
On m’arracha à la dépouille de ma fiancée et je ne pus que me lamenter, recroquevillé sur le sol, de cette tragédie.
« Ellyn… ! » |
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